Couzon dans l’inventaire géologique national
Couzon figure depuis 2014 parmi les 19 sites retenus par le Ministère de l’Environnement pour le département du Rhône au titre de l’inventaire nationale du patrimoine géologique. Ce sont les grandes falaises de pierre dorée marquant l’identité des paysages couzonnais en arrière du foyer Saint-Léonard, qui ont permis l’inscription sur cette liste. La présence de Couzon dans cet inventaire est donc une reconnaissance nationale !

Qu’est ce que le patrimoine géologique ?
Voici la réponse que nous donne le Ministère en charge de l’environnement : « Le patrimoine géologique englobe tous les objets et sites qui symbolisent la mémoire de la Terre, de l’échantillon tel qu’un minéral ou un fossile, jusqu’aux grandes structures paysagères. Le patrimoine géologique constitue un bien commun non renouvelable et précieux, une mémoire de la planète dont nous héritons et que nous devons transmettre. Sa transmission n’est possible et correcte que dans la mesure où ce patrimoine est rigoureusement identifié et connu. »
L’inventaire du patrimoine géologique a donné lieu à la parution d’un livre aux éditions EDP, préfacé par Nicolas Hulot.
L’intérêt du géo-site couzonnais
Pour Couzon, la fiche de l’inventaire national précise :
« Ce géosite est constitué de l’ancienne carrière de Couzon-au-Mont-d’Or, d’un point de vue sur la rive gauche de la Saône et d’un second point de vue à proximité du centre de tir. La carrière offre un front de taille de 30 à 40 mètres de hauteur qui permet d’observer aisément plusieurs phénomènes géologiques. »
En effet, le front de taille de la carrière présente le contact entre la « pierre dorée » ou « Pierre de Couzon » (calcaire à entroques) et le ciret bajocien, un autre type de calcaire, plus clair.

La pierre de Couzon fut une excellente pierre exploitée localement et utilisée pour la construction jusqu’au début du XXème siècle. Pour le ciret, qui surmontait la pierre de Couzon, il en était tout autrement : sa sensibilité au gel le rend impropre à une utilisation dans les bâtiments. On ne le retrouve ainsi que dans quelques murets de pierre sèche ainsi que dans les nombreux tas de remblais générés par l’exploitation des carrières. L’exploitation du front de taille couzonnais était particulièrement délicate puisque qu’il fallait enlever une importante épaisseur de ciret, inintéressant du point de vue économique, avant de s’attaquer à la couche de pierre dorée sous-jacente.

Le géo-site couzonnais permet aussi de montrer d’imposants blocs effondrés au pied des falaises illustrant parfaitement une facette des risques naturels du massif du Mont d’Or. Ces blocs détachés témoignent de la lente altération du front de taille à la suite de son exploitation désormais révolue, conjuguée à l’effet des éléments naturels. Les infiltrations d’eau dans la falaise concourent en effet à la formation de fissures (diaclases) dans l’ancien front de taille, qui disloquent petit à petit des pans entiers de falaise.
Un site à mettre en valeur ?
Si l’inscription à l’inventaire du patrimoine géologique relève d’une démarche menée par l’Etat, ce dernier ne prévoit pas d’actions particulières pour promouvoir chacun des sites retenus. Il s’agit avant tout de la reconnaissance de la qualité géologique d’un site, un label en quelque sorte. A charge ensuite aux acteurs locaux de s’intéresser à cette question pour en tirer le meilleur parti…
La mise en valeur touristique ou pédagogique du géo-site inventorié relève donc d’autres acteurs, parmi lesquels peuvent figurer le syndicat mixte Plaine Monts d’Or, des associations, la commune, etc.
Des exemples de mise en valeur d’un tel patrimoine existent par ailleurs : le sentier géologique du Mont d’Or entre Chasselay et Poleymieux, les différents sites du circuit des pierres folles à St-Jean des Vignes (également retenu dans le cadre de l’inventaire national), le Géoparc Beaujolais …
La fiche du géo-site en téléchargement
Cet article a été initialement publié en 2014 par son auteur sur le site « Vivre Couzon ».


